Portage salarial vs SASU : net, chômage et admin

Portage salarial ou SASU en 2026 : frais de gestion, cotisations, ARE, dividendes PFU 31,4 %, et quand chaque statut devient pertinent.

Par Équipe Freelance360 · 10 août 2026 · 12 min de lecture

Quand la micro-entreprise ne suffit plus (plafonds, image « société », besoin de filet social), le choix se resserre souvent entre portage salarial et SASU. Les deux offrent une protection de type salarié… mais pas le même chômage, pas la même admin, et pas le même levier net.

Deux statuts, deux mécaniques

En portage, vous êtes salarié porté d’une société de portage : relation tripartite avec le client, facturation et paie déléguées, rémunération minimale encadrée (2 517,13 € brut mensuel total en 2026, conditions de qualification Bac+2 ou 3 ans d’expérience). En SASU, vous êtes président assimilé salarié : vous créez et gérez la société, facturez vous-même, et pouvez combiner salaire et dividendes.

CritèrePortage salarialSASU
StatutSalarié porté (F31620)Président assimilé salarié (F36240)
Création / démarrageContrat avec une société de portageCréation de société (statuts, immatriculation, capital)
Coût de structureFrais de gestion (hypothèse modèle : 8 % du CA)Expert-comptable, formalités, paie éventuelle
Base socialeSalaire après frais de gestionSalaire du président (+ résultat soumis à l’IS)
DividendesNonOui, après IS puis PFU 31,4 %
Chômage (ARE)Oui sous conditions (salarié)Pas d’assurance chômage sur le mandat ; option privée possible (F36240)
Admin au quotidienFactures / paie gérées par le portageCompta, IS, AG, déclarations à votre charge

Portage : simplicité et ARE

  • La société de portage facture le client, prélève des frais de gestion, paie cotisations et salaire (cadre légal).
  • Vous restez autonome sur la négociation du prix et des conditions de mission.
  • Protection sociale de salarié (maladie, retraite de base + complémentaire selon classification, congés selon contrat).
  • Accès potentiel à l’ARE en fin de contrat — le vrai différenciateur face à la SASU pour beaucoup de freelances.
  • RC Pro et mutuelle collective souvent incluses ou proposées via le portage (selon contrat).

Le prix : frais de gestion + charges salariales complètes sur le brut. À CA égal, le net après IR est souvent inférieur à une SASU bien mixée salaire/dividendes — surtout au-delà d’un certain volume. D’où l’intérêt de simuler côte à côte plutôt que de raisonner en « ~50 % du CA » générique.

SASU : contrôle et optimisation

En SASU, le président rémunéré est affilié au régime général comme un assimilé salarié, sans cotisation chômage sur le mandat (Service Public F36240). La rémunération de mandat suit le barème IR (traitements et salaires). Le bénéfice restant peut financer des dividendes : IS (15 % jusqu’à 42 500 € pour PME éligibles, puis 25 %), puis PFU 31,4 % depuis 2026.

  • Liberté totale sur frais réels, investissements, trésorerie et clients.
  • Levier net via le mix salaire / dividendes.
  • Image « société » souvent mieux acceptée par certains grands comptes.
  • Contrepartie : comptabilité complète, paie si salaire, coûts fixes récurrents, et ARE absente sur le mandat.

Où le net bascule vraiment

Il n’existe pas de seuil légal unique. En pratique, le basculement dépend de trois variables : CA annuel, taux de frais de gestion du portage, et agressivité du mix dividendes en SASU.

Situation typiqueTendance
CA modéré, priorité ARE / zéro adminPortage
Test de marché ou mission courte avant de créerPortage
CA élevé + volonté d’optimiser salaire/dividendesSASU
Frais professionnels importants à déduireSASU
Clients exigeant une facture « société » durableSASU (parfois portage selon marché)
Encore sous plafond micro et priorité cashRester en micro tant que possible

Ordre de grandeur souvent cité sur le marché : autour de 80–100 k€ de CA, une SASU bien calibrée peut dépasser le portage en net — à condition d’accepter l’admin et le déficit de cotisations chômage. En dessous, le portage gagne souvent sur le couple simplicité + filet social. Vérifiez avec vos chiffres : TJM, jours, commission éventuelle, frais de gestion réels.

Exemple de lecture dans Freelance360

  1. Saisir le même TJM et le même volume de jours pour les deux régimes.
  2. En portage : ajuster le taux de frais (défaut modèle 8 %) et lire le net après IR.
  3. En SASU : faire varier le curseur salaire/dividendes ; observer l’effet du PFU 31,4 %.
  4. Activer éventuellement la pondération d’avantages salariés (congés, chômage…) pour un « net équivalent » plus juste.
  5. Projeter sur 3 ans : le coût comptable SASU et la stabilité du portage se lisent mieux sur la durée.

Erreurs fréquentes

  • Comparer un net SASU « 100 % dividendes » à un portage sans valoriser l’ARE ni la retraite cotisée.
  • Oublier les frais de gestion réels (5–12 % selon sociétés) et la rémunération minimale en portage.
  • Sous-estimer le coût comptable + temps admin de la SASU.
  • Ignorer le PFU à 31,4 % en 2026 dans les simulations dividendes.
  • Choisir sans tester aussi la micro si vous êtes encore sous les plafonds.

Points clés

Le portage achète de la sécurité (ARE, paie, admin délégué) au prix des frais de gestion et de charges salariales. La SASU achète du contrôle et un levier net via salaire/dividendes, au prix de l’admin et sans chômage sur le mandat. Pour trancher, simulez le même CA dans Freelance360 — et lisez aussi portage vs micro et SASU : salaire ou dividendes.

Sources officielles

Sources de vérité utilisées pour les taux et règles cités dans cet article (consultées le 2 août 2026). Toujours vérifier la version en vigueur.

  1. Service Public Entreprendre — Portage salarial
  2. Service Public Entreprendre — Cotisations sociales SASU
  3. Service Public Entreprendre — SASU : ce qu’il faut savoir
  4. Service Public Entreprendre — Fiscalité de la SASU
  5. Service Public Entreprendre — Impôt sur les sociétés
  6. Service Public Entreprendre — Évolution du PFU à 31,4 % (2026)
  7. Service Public — Barème de l’impôt sur le revenu 2026